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Kiefer – review d’un film noir iranien

07 Mar

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Bon, je vais vous parler du dernier film que j’ai découvert en VO. Le film est un film iranien diffusé en farsi, inutile de vous dire que je n’ai rien compris sans les sous-titres. Le titre du film est « Kiefer » c’est-à-dire « Châtiment » ou « Punition », et c’est vrai que le film est un tas de punitions à la file !

J’ai trouvé le film très intéressant ayant une vue philosophique critique sur le milieu urbain iranien, sur les jeunes iraniens et même sur la peine de la mort. Pas étonnant que ce film fut élu « meilleur film année 2013 » avec son style décalé et le jeu étonnant de ses acteurs ! Je vais vous parler d’un film qui a duré presque 2 heures,  mea culpa d’avance pour mes problèmes de compréhension du farsi. J’ai dû regarder le film 2 fois avant de vous en parler.

« Kiefer » commence par un trio animant un mariage : on a le chanteur quadragénaire Jamel, son ami trentenaire le pianiste Siamak (le héros de l’histoire, interprété par le talentueux acteur Mostafa Zamani) et une femme d’âge moyen dont la profession consiste à filmer le mariage et à envoyer son petit garçon pour danser  et les aider côté animation. Le lendemain, Jamel et son ami Siamak se rendirent à la banque pour récupérer et partager l’argent de (la peine de mort je crois). En sortant de la banque, deux motards attaquèrent Siamak et lui volèrent sa part de l’argent. Une voiture rouge s’arrête soudain et son conducteur hurla à Siamak de venir avec lui poursuivre les voleurs. Siamak disparut dans la voiture rouge aussitôt, laissant son ami Jamel courant derrière la voiture…

On passe directement à une scène d’exécution par pendaison d’un condamné à mort, le principal suspect dans une affaire de meurtre et qui est en plus le grand frère de Siamak. La famille de la victime tuée par le coupable assista à la scène, et c’est la soeur de la victime qui ne pardonna pas le tueur et le poussa violemment en l’exécutant de ses propres mains.

Plus tard, on se retrouve dans la maison endeuillée du pendu. La femme qui filmait au début du film s’était révélée être la femme du pendu, et le petit garçon son fils. Soudain, toute la famille s’aperçut du retour de Siamak qui n’était pas au courant pour son frère (on se demande ce que lui est arrivé dans la course-poursuite) et c’est la femme et son fils qui informèrent en pleurant Siamak. Choqué, ce dernier qui avait cru en la clémence de la famille de la victime, s’effondra dans la rue. Cependant, deux hommes fiers de la famille le trouvèrent responsable de la mort de son frère (sans doute le vol devant la banque !) et le poursuivirent, armés pour le tuer. Siamak s’échappa.

Pendant une semaine, le pauvre Siamak sera poursuivi, harcelé jusqu’à chez son ami Jamel (ce dernier le logea), il sera caché par sa belle-sœur mais fut découvert. Les deux gars fiers le poursuivirent en arrivant sur le toit de la maison, Siamak essaya de sauter mais sa main fut écrasée par le pied de l’un du duo. Blessé, Siamak sauta du toit pour survivre et ne trouva refuge nulle part. Finalement, il se rendit chez son jolie amie riche (pianiste aussi) lui demandant de l’aide. Elle lui banda la main et lui donna un canapé pour dormir. Elle informa Jamel par téléphone que Siamak dormait chez elle, mais elle paraissait cacher un secret à Siamak. Le lendemain, on la retrouve derrière le piano (j’adore la musique dans Kiefer !) avec des notes joyeuses et légères. Siamak, triste, avoua en maniant le piano, qu’il l’avait entendue la veille parler à Jamel. Les notes du piano sont super tristes et qui reflètent non seulement la situation, mais ce que ressentait Siamak. Son amie lui avoua qu’elle n’avait pas le choix et que Jamel connaissait le frère de Siamak plus que ce dernier ne l’imaginait. Elle avoua aussi que c’est la sœur de la victime qui a fait exécuter son frère (ils sont très doués ces iraniens pour passer d’un moment sympa à un moment macabre !) et que son frère était copain d’un malfrat très dangereux.

Dégoûté d’une amie à laquelle il avait accordé toute sa confiance, Siamak sortit furax et vexé. Il reçut un coup de fil de la part de son amie qui lui indiqua où aller pour trouver ce malfrat. Siamak plongea dans les ruelles serpentines d’un marché traditionnel, sans sentir qu’il était suivi par un jeune. Ce dernier le menaça d’un couteau et l’enleva. Ils se retrouvèrent dans les coulisses d’une soufflerie. La caméra se fixa sur le vieux big boss qui accueillit Siamak. Là on part dans des délires sans fins en parlant de ses matches de boxe et de sa jeunesse (c’est tout ce que j’ai compris de son long discours).

Par la suite, on retrouve le jeune avec Siamak devant une boxe thaïlandaise avec des parieurs. Le jeune expliqua à Siamak qu’il boxait parfois, mais pariait souvent. Soudain, 3 hommes les entourèrent. Deux d’entre eux accusaient le jeune de ne pas être réglo dans ses paris et visiblement, il devait de l’argent à tout le monde. Pour payer ses dettes, il fallait donc que le jeune se batte contre le fou furieux qui venait d’envoyer au tapis un boxeur. Le jeune, très confiant, se battait avant d’avoir le visage ensanglanté et d’être envoyé au tapis dans ce combat de boxe souterraine (illégale), devant un public déchaîné et un Siamak effaré par l’absurdité d’une telle violence. Après qu’on ait éloigné le jeune k.o, on poussa Siamak dans le ring pour qu’il paye à son tour les dettes du jeune. Mais Siamak n’était point boxeur et avait une main blessée en plus, le boxeur lui asséna une série de coups aussi violents les uns que les autres avant de l’envoyer en moins d’une minute au tapis avec le visage ensanglanté.

On retrouva Siamak plus tard tout seul dans l’appartement de son ami Jamel, avec un œil au beurre noir mais qui ne gâcha point les beaux yeux verts de Siamak qui parlaient à autrui souvent sans la moindre parole. Je suis sûr qu’il y a une sorte d’attachement affectif entre lui et son amie la pianiste (elle est vraiment très belle). Je pense que Siamak s’est rappelé de ce qu’elle lui a dit à propos de la sœur de la victime qui avait exécuté son frère. Siamak s’est rendu dans le cimetière pour la deuxième fois (la première c’était pour pleurer la mort de son frère) et assista à l’enterrement de la victime. La sœur de la victime reconnut Siamak et l’aborda curieusement en remarquant qu’il était blessé beaucoup plus psychologiquement que physiquement. « Tu n’es pour rien dans tout cela » commenta t-elle en voyant qu’il se culpabilisait de tout ce qui est passé. Elle lui parla des derniers mots prononcés par son frère qui furent demander le pardon.

Voulant comprendre ce qui était réellement arrivé à son frère, il ne restait à Siamak qu’une seule issue : parler à sa belle-sœur veuve. Il remarqua que les hommes fiers qui le pourchassaient au début étaient occupés à faire déménager  les tables et les armoires lourdes ailleurs. Profitant de leur départ, Siamak rencontra sa belle-sœur en tête-à-tête dans une maison qui se vidait de son contenu. Elle lui montra un kimono féminin et deux masques en lui expliquant que son frère parlait souvent du Japon, qu’il avait des rites bizarres et qu’il parlait d’une femme japonaise.

Siamak se rendit chez son riche amie pour visionner un DVD dans lequel ils trouvèrent une femme asiatique paralysée (jouée par une actrice afghane, sinon ce serait drôle de voir une vraie japonaise parler en farsi !). Siamak se rappela de la course-poursuite avec le vol de l’argent et la voiture rouge. Mais ce dont il se souvenait dans ses flashbacks c’était des guirlandes asiatiques dans le ciel. Il prit la voiture avec son amie afin de retrouver la mémoire, et en se rendant chez le vieux boxeur et le jeune, ils trouvèrent qu’ils furent arrêtés par la police. Non loin de la rue, une voiture rouge attendait son conducteur. Siamak reconnut la voiture rouge dans laquelle il s’est jeté au début. Il la poursuivit avec son amie en voiture et se rappela que lorsqu’il était descendu de la voiture rouge face aux voleurs, quelqu’un l’avait drogué et enlevé (décidément, pas de bol pour Siamak).

Lorsqu’ils arrivèrent à destination, Siamak et son amie trouvèrent une allée décorée avec des guirlandes asiatiques. Ils remarquèrent que la maison était pleine d’invités masqués (on distribuait des masques japonais aux invités dès leur arrivée) et qui faisaient des rites bizarres en dansant. Vous allez penser que c’est une secte, en fait c’étaient des Yakusa. Siamak et son amie mirent des masques et dansèrent à la manière des Yakusa pour qu’on ne les remarque pas, mais même masqués, ils furent reconnu par un homme masqué dont ils avaient reconnu la voix. Ils enlevèrent tous leurs masques et tombèrent sur Jamel, le meilleur ami de Siamak. Jamel assuma sa trahison envers son pote en affirmant qu’il était derrière tout ce qui était arrivé à Siamak et à son frère. Il était tombé amoureux d’une japonaise qu’il avait emmenée en Iran et dirigea un clan Yakusa.

Ayant peur pour leur vie, Siamak et son amie s’échappèrent, mais Jamel frappa Siamak et voulut le tuer, sauf que l’amie de Siamak courait en hurlant. Jamel, ne voulant aucun témoin, la poursuivit et l’étrangla, mais un homme survint du noir et abattit Jamel qui tomba entre les mains de son ami Siamak. Jamel demanda pardon à Siamak dans cette séquence émotions, avant de tomber mort devant sa femme, la japonaise.

Quelques jours après, Siamak se rendit avec sa belle-sœur et son fils à l’aéroport pour dire au revoir à la japonaise qui a connu le frère exécuté. La femme du frère de Siamak ne prononça pas un seul mot. Trop fort le jeu des regards. Elle donna son écharpe à la japonaise et lui dit au revoir avec un regard tendre.

A leur sortie de l’aéroport, Siamak arrêta un taxi blanc pour l’emmener avec sa belle-sœur et son fils. Mais Siamak s’arrêta net en remarquant que de l’autre côté, une voiture noire s’était arrêtée et l’amie riche de Siamak sortit. Les deux se rencontrèrent, mais sans prononcer un seul mot. Les regards étaient tristes car chacun allait de son côté, chacun avait choisi son destin, mais les regards se disaient un long au revoir doux, comme si chacun savait ce que pensait l’autre. J’ai adoré ces séquences d’au revoir silencieux et plus particulièrement la dernière.

KIEFER

L’amie riche partit avec son père très loin, alors que Siamak décida de s’occuper de la famille de son frère (femme et fils) et les emmena loin avec lui.

Voilà, j’ai fini ! un film noir dont la plupart des événements se déroulèrent dans une nuit sans fin ! il faut regarder ce film comme la mise à nu de la ville, refléter aussi certaines choses réelles dans la société iranienne (la fascination du Japon), la musique a joué un grand rôle et la sonnerie du portable de Siamak était belle et triste. Joli regard philosophique sur l’existence et sur la société iranienne, en tout cas, ce film loufoque m’inspire ! Les regards de braise à la fin m’ont achevé. Chapeau ! et encore désolé pour mes problèmes de traduction mais ce film est attachant. Durant tout le film, on tente scénaristiquement de montrer que Siamak est innocent et que son ami Jamel était le sympathique gars qui lui a donné la clé de son appartement. Mais à la fin, on découvre l’envers du décor, et que Jamel n’était pas aussi sympa qu’on le croyait. Par rapport aux autres films, ce film se différencie par des innovations qui ont plu au cinéma iranien.

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Publié par le mars 7, 2015 dans Général, Ma catégorie

 

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